Mireille  BALIN,...

ou  la  STAR   FOUDROYEE.

  De MONACO revenait en sa mémoire, le souvenir d’un soleil brûlant, et un air exhalant les senteurs maritimes. Sur ce bout de Riviera Méditerranéenne. Mireille BALIN naquit prématurément le 20 JUILLET 1909 dans une clinique de MONTE CARLO , des suites d un accident d’automobiles dont fut victime sa mère, qui la prénommera Blanche Mireille Césarine .
 Son père, journaliste a la Tribune de Genève, tenait à ce qu’elle reçu une éducation stricte et sévère.
Après des études secondaires a Marseille,
Mireille BALIN étudie le piano, les langues étrangères, pratique l’équitation …puis ses parents s’installent à PARIS, espérant améliorer leurs situations, mais après la grande crise de 1929 , Mireille BALIN doit se résoudre à rechercher une activité.
Postulant a  un emploi de secrétaire dans une boutique de mode, le couturier
Jean PATOU, patron des lieux, la remarque. Subjugué par sa prestance, son élégance, sa beauté, il l’engage immédiatement comme mannequin de haute couture. Mireille BALIN  pose aussi  pour des photos et des réclames publicitaires dans des magazines.

1931 , Mireille BALIN, debute au cinema avec FERNANDEL dans un film de Maurice CAMMAGE " VIVE LA CLASSE".
Début 1932, le cinéaste allemand
GW PASTB  découvre Mireille BALIN dans un magazine de pub.

Conquis, il l’engage pour son prochain film « DON QUICHOTTE » de CERVANTES, adapté par Paul MORAND, dont la vedette est Fédor CHALIAPINE. La carrière cinématographique de Mireille BALIN commençait.
 
Claude MOULINS lui offre un rôle majeur dans « VIVE LA COMPAGNIE
, film ou elle se révèle en vraie femme du monde, et qui  obtient  un franc succès.
  En 1933 , 
Robert SIODMAK l’engage dans son nouveau film « Le SEXE
FAIBLE ». Pierre BRASSEUR, Victor BOUCHER, Betty STOCKFELD et Marguerite MORENO font partie de la distribution.

Peu après c' est « ADIEUX LES BEAUX JOURS » écrit et réalisé par Andre BEUCLER,et  le rôle d' une jeune fille pour Mireille BALIN, près des stars Brigitte HELM etJean GABIN. 
Succès cinématographique en 1934 pour «
SI J ETAIS LE PATRON » de Richard
POTTIER, montrant les efforts d’un ouvrier voulant devenir chef d’entreprise.
 En vedette masculine
Max DEARLY et Fernand GRAVEY.

 

Toujours en 1934, « ON A TROUVE UNE FEMME NUE », de Léo JOANNON, filmdans lequel Mireille BALIN se montre réellement nue.
Peu aprés
Mireille BALIN  voyage, Amérique, Grèce, Egypte, Tunisie, Espagne, et Maroc pays qu’elle affectionne particulièrement pour sa douceur et ses couleurs.
 Début 1935 , tournage de
MARIE DES ANGOISSES de Michel BERNHEIM, avec PierreDUX , Françoise ROSAY , et Suzy PRIM, Mireille BALIN y campe une femme bafouéeDu même cinéaste, adapté par l’écrivain Pierre LOTI « Le ROMAN D’UN SPAHI ». Sur un fond d intrigue militaire, Mireille BALIN incarne pour la première fois une femme entretenue. A l’affiche Pierre LARQUEY, la  Princesse KANDOU, Lydia CHALIAPINE, Helene PEPEE, Thynelle ANYS, Habib BENGLIA ....
 
 
Dans  «  JEUNES FILLES DE PARIS » , film mélodramatique de Claude VERMORELà l ambiance  populaire,Mireille BALIN côtoie Michel SIMON, Marguerite MORENO, Paul AZAIS, Nadia  SIBIRSKAIA,Raymond CORDY, Maurice BAQUET....Pressentie vedette du film   de Julien DUVIVIER "LA  BANDERA ", Mireille BALIN, malade
cédera le rôle  à
 ANNABELLA.

 

En 1936, Mireille BALIN rencontre Jean GABIN, déjà grande vedette. Ils sympathisent. S’en suivra une courte liaison. A ce moment le cinéaste Julien DUVIVIER s’apprête tourner « PEPE le MOKO » d' après le detective  ASHELBE. Malgré les réticences des producteurs, il impose Mireille BALIN pour le rôle de GABY. Il à découvert en elle l’élégance et le charme. Elle seule est capable d' imposer par sa beauté, sa grâce,
 dans les ruelles étroites et sombres de  la casbah
d’ALGER (reconstituées en studios), et qui donnentau film une atmosphère si étrange. Les acteurs, CHARPIN, Saturnin
 FABRE, Gabriel GABRIO, Line NORO, DALIO, Lucas GRIDOUX …
.contribuent
 aussi à la grande réussite du film.
 

 

Après le succès de PEPE LE MOKO, Mireille BALIN devint une des premières stars
du cinéma français, Lors d une interview  elle déclara « Ce succès me fais honte et peur,
de ce métier je ne sais pas grand-chose et de plus je n’ai jamais pris de cours.
Je m’aperçois
aussi que je suis plus payée pour ma beauté que pour mes talents de comédienne».


 Certains cinéastes décelaient en
Mireille BALIN le charme de la femme fatale.
Jean GREMILLON qui s’apprêtait a tourner « GUEULE D’AMOUR » n’y dérogea
point.
Mireille BALIN retrouva Jean GABIN et un role de VAMP. Ils portèrent au
succès ce roman d’
Andre BEUCLER, dont le scénario était écrit par Charles SPAAK.

 

Dans ses films, le public la trouvait hautaine, vaniteuse, cruelle,insolente, insensible.
Apres le succes de « GUEULE D’AMOUR », il l’identifia complètement au mythe de la
femme fatale.

 
Tourné a NAPLES et a ROME  en 1937 « NAPLES AU BAISER DE FEU » d’Augusto
GENINA
réuni Tino ROSSI, Mireille BALIN, Michel SIMON, Viviane ROMANCE, et
 Marcel DALIO.
C est un  film du genre kitch qui séduit le public.

 

 Vers la fin de l’année 1937, Mireille BALIN en contrat avec la MGM s’exile pour les Etats-Unis. A peine arrivée à HOLLYWOOD, elle doit se plier aux multiples exigences des producteurs américains. Ils multiplient essais, examens médicaux, et pour paraître encore plus vamp, ils veulent modifier son visage. Ils espéraient qu’elle tournerait des remakes américains d’anciens succès mondiaux, comme PEPE LE MOKO. Malgré le réconfort de la jeune actrice Danièle DARRIEUX, elle aussi en essai, Mireille BALIN a le mal du pays. Ne pouvant s’adapter au système américain, elle s'embarque à NEW YORK, destination  PARIS, accompagnée de Tino ROSSI devenu depuis quelques mois son compagnon.
 Revenue d’AMERIQUE, Mireille BALIN reçoit une proposition de Jean DELANNOY (cinéaste avec lequel elle tournera trois films). Dans la VENUS DE L OR  Mireille BALIN devient une femme évoluant dans le monde de la finance.
Tourné au studios cinecitta a Rome,
Mary GLORY et Mireille BALIN partage la vedette de « TERRE DE FEU »de Marcel LHERBIER. A l’automne de 1938 c est « CAPITAINE BENOIT » de Maurice de CANONGE avec Jean MURAT, Madeleine ROBINSON, Jean MERCANTON et Jean DAURAND.
A ce moment
Mireille BALIN et Tino ROSSI s’installent dans une villa sur les hauteurs de CANNES, qu’ils rebaptisent « CATARI », en souvenir d'une mélodie napolitaine.

 MENACES d’Edmond T GREVILLE est le seul film dans lequel Mireille BALIN joueun mannequin, à ses cotes Erich VonSTROHEIM, avec lequel elle tournera 3 films, John LODER, Ginette LECLERC, Henri BOSC et Paul DEMANGE. Nous sommes en 1939, la guerrese rapproche. Au fil des événements dramatiques de l’époque, le scénario sera modifié a
maintes reprises. 
Le film fut interdit et detruit pendant l' occupation par les autorités allemandes, et ses auteurs poursuivis par la gestapo. On parvint  néanmoins a le restaurera la Libération ).

Au printemps 1939 Mireille BALIN est la vedette de plusieurs long métrages.« CAS DE CONSCIENCE » de Walter KAPPS, avec Suzy PRIM et Jules BERRY. « COUPS DE FEU »  film policier de Rene BARBERIS, d’après une nouvelle de POUCHKINE. Les autres comédiens sont Raymond ROULEAU, Ginette LECLERC, Aimé CLARIOND.
Entourée d'
Erich Von STROHEIM, Denise VERNAC, et Bernard LANCRET, dans RAPPEL IMMEDIAT de Leon MATHOT.

MACAO, de Jean DELANNOY, dont l’action se déroule en partie dans un casino. Mais, du fait de la présence d’Erich VON STROHEIM (d origine autrichienne et anti nazi), le film fut interdit par l’occupant en Juin 1940. Il sortira deux années plus tard avec des modifications. Premièrement, son titre change, il devient « L’ENFER DU JEU. Secondo, les scènes tournées avec Erich VON STROHEIM sont supprimées, et recommencées avec Pierre RENOIR.

(Le film Perdu). A l’été 1939 débute les prises de vues du film « DERNIER REFUGE » de Jacques CONSTANT et Paul ANTOINE tiré d’un roman de Georges SIMENON « LE LOCATAIRE ». Les prises sont stoppées le 3 septembre 1939, date d’entrée en guerre. Le tournage des scènes redémarre quelques semaines aprés .Le film est enfin terminé en avril 1940, mais sitôt perdu, le seul négatif existant étant détruit dans un incendie. En 1947, Jacques MAURETTE et Maurice GRIFFE le portèrent de nouveau à l’écran. Gisèle PASCAL, Mila PARELY, et Raymond ROULEAU remplacèrent Mireille BALIN, Georges RIGAUD, Marie GLORY , DALIO.

Début 1940,
Mireille BALIN se trouve a ROME au studios cinecitta pour
 «
LE SIEGE d’ALCAZAR » d'Augusto GENINA, ( film qui lui sera reprochée à la libération).
L’action se déroule pendant la guerre d’Espagne ou Républicains et Franquistes s’affrontent
pour le contrôle de la forteresse d’Alcazar.
 

  Juin 1940, c'est la débâcle , la défaite de la France devenant inévitable, les gouvernants s exilent, d autres s éclipsent,  les français restent seuls devant l' effondrement du pays. Philippe PETAIN,  le vainqueur de Verdun, assume les funestes conséquences d une capitulation sans conditions .
Durant la drôle de guerre les studios fonctionnent au ralenti , ils cessent leurs activités dés les premiers jours d occupation
. Mireille BALIN rejoint alors Cannes, et y séjourne  durant près d’une année.

Un roman d’Alphonse DAUDET « FROMONT JEUNE ET RISLER AINE » réalisé par
Leon MATHOT en 1941, permet a Mireille BALIN, en compagnie de Junie ASTOR,
Jean SERVAIS, Julien CARETTE, Pierre LARQUEY, de reprendre le chemin des studios dans l' apparence d’une femme ambitieuse.
 
Au même moment Mireille BALIN participe à des galas de bienfaisance qui viennent en aide  aux prisonniers de guerre.



 En septembre la romance entre Tino ROSSI et Mireille BALIN  s'achève.
 En Janvier 1942, elle tourne «
LA FEMME QUE J AI LE PLUS AIME », film a sketches
de
RobertVERNAY, entourée d' ARLETTY, Noël Noël, Jean TISSIER, Rene LEFEVRE,
Lucien BAROUX, Michele ALFA,  AIMOS, Raymond ROULEAU, Bernard BLIER.



 

« L ASSASSIN A PEUR DE LA NUIT » réalisé par Jean DELANNOY,
d’après un roman policier  de
Pierre VERY, a été tourné en zone libre aux studios de la
Victorine a NICE et les extérieurs dans une carrière prés de CONTES en février 1942.
Jules BERRY est la vedette masculine principale . Une distribution complétée de Jean
CHEVRIER, Henri GUISOL,Gilbert GIL, Louise CARLETTI, Georges LANNES....

Après
Julien DUVIVIER, Jean GREMILLON, Jean DELANNOY,
Jacques BECKER, cinéaste qui allait compter dans le cinema francais, lui permet de
dévoiler ses talents d’actrice dans «
DERNIER ATOUT », film policier, interprété
également par
Pierre RENOIR , Raymond ROULEAU et Noël ROQUEVERT.
Quelques semaines plus tard démarre aux Buttes Chaumont « HAUT LE VENT » de
Jacques de BARONCELLI , ou Charles VANEL et Gilbert GIL sont ses partenaires.
Pour les décors de «
MALARIA » Jean GOURGUET a fait installer les décors d une foret
vierge près du pont de Courbevoie. Cest un film d’inspiration coloniale, au climat de
mousson, a l’atmosphère humide. A ses cotés
Jacques DUMESNIL, Sessue HAYAKAWA, Michel VITOLD, Jean DEBUCOURT, MAUPI ...

1943, le cours de la guerre s’inverse. Beaucoup tournent casaque, d'autres, insouciants, passionnés, fanatiques, subiront les foudres de leur inconséquence. Éprise d’un jeune officier de la Wehrmacht, Mireille BALIN n’y échappera pas . En septembre 1944 elle est arrêtée a Beausoleil avec son compagnon, qui est immédiatement exécuté sans jugement. Mireille BALIN, quand a elle est battue, violentée, puis emmenée en prison a Nice par des combattants FFI. Entre temps ils abusent d elle.
 
Le tribunal lui reprochera son amour interdit, sa participation début 1940 au tournage du  SIEGE D ALCAZAR
 (film a la gloire du  Franquisme), et d'avoir participé à des galas artistiques à l’ambassade d’Allemagne.  Mireille BALIN sera libérée trois mois plus tard.
 
Etant de constitution frêle, les dures conditions de détentions altèrent sa santé. Elle n’accepte pas , l’outrage subit. Sa vie en est brisée, sa carrière d’actrice aussi. Ses amis d’autrefois l’évitent ou ne répondent plus. Autour d’elle le vide s’installe.
 

 
Malgré tout en 1946, Leon MATHOT, un ami de longue date, essaie de redonner vie a
cette femme qui fut l’actrice Star des années 30. En l’emmenant au
MAROC, pour
le tournage du film «
LA DERNIERE CHEVAUCHEE », il a l’espérance qu’un miracle
se produira. Mireille BALIN et le film qui sort en salle au début de 1948 sont démolis
par la critique.
Jamais plus elle ne tournera. Mireille BALIN retombe dans l’oubli.

Dans le dénuement, elle peut toutefois subsister à Cannes, grâce a des amis qui sont parvenus a lui trouver un petit logement. Les années passent, entre maladie et solitude. En 1957 tombée dans la misère, elle doit quitter la Cote d’AZUR qui l'a vu naître et se résigner a être hébergée a PARIS.
 Mais la malchance se poursuit lorsque quelques années après
elle se retrouve a la rue et sans ressources.  Elle s’adresse alors à « LA ROUE TOURNE » œuvre de bienfaisance qui aide les comédiens et artistes tombés dans le besoin, et dont Paul AZAIS autrefois acteur, s’occupe. Cette association réussi a lui trouver un petit logement près de la place de la République. … Mireille BALIN… « Si je subsiste c’est grâce a LA ROUE TOURNE, c’est elle qui m’a installé dans ce logement, qui m’a acheté ces meubles, et qui me permet de vivre un peu chaque jour ». Quand elle vient a l’association, retrouvant d’anciens artistes, Mireille BALIN s installe au piano et  les invitent à partager ses instants d’émotions romantiques. Elle répond aussi de temps a autres à des demandes d’interview de grands journalistes comme Pierre DEGRAUPES.
La vie est courte. Le 9 novembre 1968,
Mireille BALIN s’en est allée, rejoindre ceux qui l’attendait, ceux qui l’aimait.

 Mireille BALIN autrefois adulée, repose au cimetière de saint Ouen (carré 21) grâce a l association LA ROUE TOURNE, ce qui lui a évitée d être  inhumée dans le carré des indigents.

 

 

D’où elle repose pour l’éternité, me revient en mémoire.

« Le coup de poing ,
écrit COCTEAU que donne la Beauté, vite au cœur, en passant »